jeudi 19 avril 2018

Acouphènes




C'est le soir. Dans le silence de la nuit qui vient
Avec ses bruits furtifs, ses pas de loup, ses cris
Je guette l'endormissement du monde, son soupir,
Sa longue voix profonde, son sommeil, et le mien.

Et alors un message doux et aigu me parvient!
A l'oreille, il pianote, décidé et frénétique,
La liaison se brouille puis reprend, hystérique,
Je m'enfonce dans mon cerveau, je la tiens!

Le télégraphe se déchaîne, l'oreille fait le lien,
Il ne me lâche plus, il m'informe, toute la nuit,
Quel est son langage, quelle est sa musique?
Décoder l'acouphène, écouter sans fin.

Nouveau jeu, nouvelles règles pour survivre
Comprendre ce morse, répondre ou mourir.


samedi 31 mars 2018

"O nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu"







En levant les yeux, alors que la nuit venait,
La lune ronde et pleine, immobile, s'élevait
L'astre des ténèbres, plus brillant que jamais
On était vendredi Saint, le Christ nous quittait.

Roule la pierre, tourne la lune,
Pleure le ciel, brille le disque,
Contemplent dans la brume
L'hostie qui surgit.

Il s'en allait seul dans le noir, et sa lumière
S'avançait, rassurante, fixe et joyeuse,
Il s'en allait au tombeau, sa maison dernière
Et se ferme la pierre ronde et toute lumineuse.

Roule la pierre, tourne la lune,
Pleurent devant le Fils
Contemplent dans la brume
Le Christ qui gît.

Les femmes attendaient devant le tombeau
Priaient, pleuraient leur Dieu mort, aux enfers,
Derrière la porte qui brille comme un flambeau
Le Seigneur se tient, et les ténèbres l'éclairent.

Roule la pierre, tourne la lune
Prient l'Agnus Dei
Contemplent dans la brume
La Porte qui luit.

En levant les yeux, alors que le jour venait
La lune s'est effacée, la pierre a roulé
Le Ciel s'est ouvert, le paradis et son entrée,
Le soleil et sa lumière, le Christ ressuscité.

Roule la pierre, tourne la lune
Adorent l'astre glorieux
Contemplent dans la brume
Le Christ victorieux.






mercredi 28 mars 2018

Solitude





Et la pluie, et le froid, 
Me ravissent, pas à pas,
Et la vie et ses joies,
Tous me fuient, avec toi.

Et je cherche et je vois 
Les ténèbres et ses lois
Et je crie à tout va
Mais tous fuient, avec toi.

Je séduis, je soudoie 
Je prie un peu, parfois,
Je voudrais que l'on croit
Mais tous fuient, avec toi.

Le désert s'accroît 
Tous me fuient avec toi
Mon ange, es-tu là?
Avec mon Dieu, ton roi?

Tu étais un songe pour moi,
Tu es parti depuis longtemps déjà 
As-tu jamais existé, été près de moi?
J'ai rêvé mes enfants dans mes bras.

Ils me fuient tous à la fois,
Les amis, la famille et... voilà. 
Je suis seule maintenant,
C'est comme ça. 

Dans la nuit, dans la pluie, dans le froid
Tous ont fui loin de moi, 
Mais je traque mes proies,
Toutes les miettes de ma foi.

Un jour, peut être vous retrouverai-je
Un jour, auprès de tous m'éveillerai-je,
Avec toi.
Tu me tiendras dans tes bras
Sous le bois de la Croix.

lundi 26 mars 2018

"Là où l'on ne croit pas à l'existence de l'âme, il n'y a que fort peu de drames."


En référence à Bernanos et Dantec que Flannery O'Connor aurait qualifiés de grands romanciers ayant écrit de grands romans religieux, en référence à Houellebecq qui a décrit dans ses romans ce "démon qui nous possède" de notre incertitude spirituelle.

"L'écrivain sérieux prend invariablement pour point de départ l'imperfection humaine, et souvent l'imperfection d'un personnage par ailleurs admirable. Généralement le drame se fonde sur le péché originel, que l'auteur le conçoive ou non en termes de théologie. En outre, tout personnage de roman digne de ce nom est supposé porter un fardeau de significations qui le dépassent. Le romancier ne met pas en scène des créatures observées sous vide; il peint des êtres en situation, dans un monde qui représente à l'évidence un manque, qui rend manifeste ce mystère d'incomplétude partagé et la tragédie particulière à notre temps. Mais le romancier s'efforce aussi de nous communiquer, dans les limites de son récit, une expérience universelle de la nature humaine en tout temps. Pour cette raison, les plus grands drames impliquent naturellement la perte ou le salut de l'âme. Là où l'on ne croit pas à l'existence de l'âme, il n'y a que fort peu de drames. Le romancier chrétien se distingue de ses confrères païens en ceci qu'il tient le péché pour le péché. Fidèle à son Eglise, il ne le considère ni comme une maladie ni comme un accident imputable au milieu social, mais comme un choix dont l'homme est responsable, une liberté d'offenser Dieu qui engage son avenir éternel. Le salut, cela se prend ou non au sérieux. Et il est bon de se rappeler que c'est le comble du sérieux qui mène au comble du comique. Si et seulement si nous sommes fermes dans nos croyances, l'aspect comique de l'univers apparaît à nos yeux. Que tant de fictions contemporaines soient dépourvues d'humour s'explique en partie par le relativisme de tant d'auteurs, continuellement réduits à justifier les actes de leurs personnages en se référant à une échelle de valeur mouvante.
Notre salut est un drame qui se joue avec le démon, démon qui n'est n'est pas simplement le mal généralisé, mais une intelligence maligne agissant de sa pleine souveraineté. Si les romanciers qui se font du monde une conception religieuse excellent de nos jours à décrire le mal, c'est qu'ils doivent faire en sorte que leur public ne se méprenne pas sur sa véritable nature.
Quand ils ne font pas qu'un, le romancier et le croyant ont encore bien des traits communs -une même méfiance de l'abstrait, un même respect des limites, un même désir de découvrir, sous l'écorce des choses, l'esprit qui les informe et donne au monde sa cohésion. Mais tant que nous ne retrouverons pas l'heureuse union d'une société croyante d'artistes croyants, je ne crois pas que nous aurons de très grands romans religieux. D'ici là, le romancier doit faire de son mieux pour aider à la douloureuse gestation d'un monde qui est le sien. Peut-être découvrira-t-il, au bout du compte, qu'au lieu de réfléchir l'image de ce qui est au cœur des choses, il n'a guère reflété que notre incertaine condition, et, à travers elle, le visage du démon dont nous sommes possédés. C'est une oeuvre modeste, mais sans doute est-elle nécessaire."

Flannery O'Connor, "Mystère et manières", "Romancier et croyant"; in "Œuvres complètes" , éditions Quarto Gallimard, P 897-898

dimanche 25 mars 2018

Une question de vie ou de mort





A un ami :

Une conversion, ça n'est pas qu'une certitude concernant l'existence de Dieu ou bien la réalité de l'Eglise Catholique. Une conversion, c'est la rencontre personnelle entre un individu, une créature, et son Créateur. Une conversion, c'est la prise de conscience que Dieu est là pour soi. Une conversion, c'est la reconnaissance de celui qui marchait depuis longtemps dans les ténèbres, qui s'apprêtait à se laisser tomber au milieu de nulle part, perdu et au bord de la mort, il reconnaît la petite lueur entraperçue depuis un moment (et dont il ne savait pas s'il ne l'avait pas rêvé ou imaginé cette lueur, dans ses délires) et cette lueur minuscule et fragile qui disparaissait parfois entre deux vallées de larmes, devient soudain une torche immense, et, au bout de cette torche, il y a Quelqu'un qui vient et qui va te sauver. C'est ça une conversion! Il venait au devant de toi et Il t'appelait depuis un long moment déjà, mais tu as mis du temps à l'entendre et à le repérer parce que tu étais quasi mort dans ton chemin et ta quête. C'est ça une conversion! Une question de vie ou de mort.

                                               Plongée


"D'une façon ou d'une autre, comme une flèche ou en errant sans but, on arrive toujours à la fin du chemin"(Exit le fantôme, de Philip Roth)


Dans la nuit profonde, je plonge, au volant de la voiture,
Monstre puissant d’acier qui prolonge avec harmonie
Mes mains, mes pieds, mon corps ; je suis le noyau dur : 
Comme une cellule a pénétré l’atome, une entité unique.

Le brouillard s’est levé en volutes qui serpentent d’abord
Sous mes Pieds-Roues puis s’impose, dense, pesant, blanc.
Le bruit du moteur s’atténue, absorbé par la masse dehors
Je m’enfonce avec courage dans la matrice qui piège et endort.

Je-Voiture accroche mes Yeux-Phares aux lignes pointillées
J’avale les petits traits avec régularité, sans me presser
Ce tunnel aura bien une fin, j’avale, mais j’ai été engloutie
Dans ce boyau dont il ne faut pas dévier, pour rester en vie.

J’avance donc bien sagement sur le chemin tout tracé
Parfois à peine visible, dans un clair-obscur tournoyant
Sourde, muette, presqu’aveugle, sur le chemin proposé
De gré et de force, sans respirer, j'avance obstinément

Comme le nouveau-né a emprunté la route de la délivrance
Propulsé dans une mystérieuse et irrésistible sollicitation
Comme l’homme évolue toute sa vie submergé de questions
Il n’y a qu’une voie, une seule, et il faut la suivre avec confiance.

La route me perd et me plonge dans des méandres absurdes,
Trouver du sens ne sera pas pour demain ni aujourd’hui
Un jour, peut-être, dans ma demeure une fois rendue
Je me retournerai observant ce qui toute ma vie m’a fui
J’attraperai un son, une mélodie, des réponses, une vue
J’entendrai, j’évoquerai, je verrai ce qui toujours a lui
Dans la Ténèbre de mon cœur, mon corps, mon esprit

Celui qui est le Chemin, la Vérité, la Vie. 



vendredi 23 mars 2018

"Le Mal a besoin d'un domicile"



"Bien sûr, la clef de cette conversion n'est pas abandonnée quelque part dans le vortex du roman, elle est le roman, elle est le vortex, c'est par elle que le livre s'écoule et nous entraîne dans les bas-fonds -pas de rédemption sans Chute-, à l'intérieur des abominables cachots de la polis, forces de l'ordre et scélérats confondus, double face de la même organisation criminelle. Et c'est pourquoi le mot villa requiert toute notre attention. C'est chez nous que ça se passe, Villa Vortex, au cœur des gens, dans les fondations de notre société, la cave de notre propre maison.
(...)
Le Mal a besoin d'un domicile. C'est Barbe-Bleue qui établit la mode pérenne du diable assigné à résidence, ne décorant son salon de chairs fraîches que pour le remanier en chambre mortuaire, et ne s'absentant de chez lui que pour s'en aller trouver en mondain de quoi réapprovisionner ses stocks de corps de femmes dans le cellier souterrain."

"-C'est vrai que la Bible est avant tout de la poésie -donc une création créatrice de créateurs, c'est du faire à l'état pur, si l'on suit son étymologie grecque. (...)
- En somme, la Bible n'est pas terminée, ..."

(Aurélien Lemant, "Messe rouge", éditions Les Feux Follets, P.27-28)

                                               *****

Enfer

Dans la maisonnette toute fleurie,
Dans le doux cocon où tous unis
Par les liens familiaux les plus forts
Les liens du sang, plus forts que la mort,

L’enfer construit sa demeure, tisse sa toile
Jour après jour, la tension infernale,
Nous suce tous, jusqu’à la moelle,
Et dans nos cœurs, et dans nos corps, dans nos esprits
s’installe,

Les liens du sang, chair royale,
Nourrissent l’hôte parasite,
Le combat n’est pas loyal,

Dans la maisonnette toute fleurie,
Dans le doux cocon où tous réunis,
Tous déjà morts, chair empuantie,
Le démon se repaît de nos âmes, de nos corps, de nos esprits. 

Dans la maisonnette toute fleurie,
Les enfants dansent, jouent et rient,
Les parents travaillent et se plient
A tous leurs devoirs et leurs soucis.

Les enfants ? les parents ? Leurs esprits ?
Exsangues, vidés, des sépulcres blanchis !

                                                                *****

"Le médiocre est un piège du démon. La médiocrité est trop compliquée pour nous, c'est l'affaire de Dieu. En attendant, le médiocre devrait trouver un abri dans notre ombre, sous nos ailes. Un abri, au chaud -ils ont besoin de chaleur, pauvres diables!"
(...)
Le monde du péché fait face au monde de la grâce ainsi que l'image reflétée d'un paysage, au bord d'une eau noire et profonde. Il y a une communion des saints, il y a aussi une communion des pécheurs. Dans la haine que les pécheurs se portent les uns aux autres, dans le mépris, ils s'unissent, ils s'embrassent, ils s'agrègent, ils se confondent, ils ne seront plus un jour, aux yeux de l'Eternel, que ce lac de boue toujours gluant sur quoi passe et repasse vainement l'immense marée de l'amour divin, la mer de flammes vivantes et rugissantes qui a fécondé le chaos."

(Bernanos, "Journal d'un curé de campagne").

A propos de la série True detective, saison 1 : 

"à mon sens, le matérialisme du détective existe dans le sens où pendant toute la série il cherche à s'en convaincre lui-même; et les faits, et la vie lui donnent raison pratiquement tout le temps. Rien de spirituel dans ce bas monde, bien au contraire! et oui, il cherche avec ses longs monologues à le démontrer...Et pourtant, à la fin, dans son affrontement final contre le mal représenté par cet horrible tueur en série au cœur de ce monde de plus en plus sombre au fur et à mesure que la vérité se fait jour (ou plutôt "ténèbre" en l’occurrence), alors qu'il est au sens propre comme au sens figuré au fond du trou, la lumière, par sa vision du ciel, se dévoile. Qu'est-ce qu'il trouve au cœur du mal finalement? L'amour, la présence de sa fille disparue qu'il n'a cessé de chercher, au fond, dans son enquête pour tous ces autres enfants disparus. Je trouve cela très beau d'un point de vue mystique et théologique. Et magistralement représenté. Et si c'est d'une simplicité biblique ou "infantile", ça me va."

Le cinquième monde

Il y a des lectures qui modifient essentiellement (corps, esprit, cœur) ce que nous sommes. Dantec a été un de ces écrivains à l'action puissante et rayonnante. Aurélien Lemant, dans sa "Messe rouge" revient sur cette action mystérieuse des écrivains, interaction entre certains écrivains et certains lecteurs. A l'époque j'avais traduit cela dans un "poème" (excusez ce terme d'une arrogance folle; peut-être devrais je dire tout simplement "texte"). Notez que je ne comprenais pas ce que j'avais écrit. Mais en lisant Lemant sur Dantec, hé bien tout a été plus clair :

"Tu t'es donc mis à  t'écouter écrire, non pas comme on se branle, mais comme on tient une torche : à bout de bras, pour ne pas te perdre. Tu t'es donc mis à marcher à voix haute sur le trajet, dans les pentes, les sentes, les fentes et les degrés, les escalators en panne, les galeries condamnées, les déréclicts de locomotives en transit sur les voies déferrées, les vestiges d'usines, les catacombes et les puits d'accès, les tronçons d'autoroutes déclassés, les barres d'immeubles en ruine, les carcasses de bagnoles calcinées, les cités-dortoirs crépusculaires, les avenues désertiques et les périphériques en circuit fermé, les souterrains dérobés, les chantiers délabrés, les monuments aux morts en forme de gratte-ciel ou blockhaus et les édifices aux gueules de nécropoles, les escarpements, les bermes et les congères, à la recherche de ta bibliothèque cachée, ton cinquième monde, comme ça, sans savoir, ta voix tendue comme un briquet au devant de toi, avec toi-même pour seule Eurydice, à te retourner sans cesse pour vérifier que tu étais bien derrière toi à suivre ta propre silhouette. Et à ne rien voir, ni personne, à part l'aile de ténèbre, à chaque coup d’œil subreptice braqué par-dessus ton épaule : tu ne te dis pas qu'elle a disparu, l'Eurydice, rappelée-attrapée-avalée par les enfers à cause de toi, puisque tu te souviens subitement que le livre et toi, le chemin et toi, c'est tout un. Et sans plus attendre tu poursuis ta route, dans le noir, emboîtant le pas à tes fantômes. Ecrire, c'est ça.
C'est ce que je je suis présentement en train de faire à tes basques, c'est ce que tu es présentement en train de nous faire faire à mes trousses, c'est ce que je serai en train de reconduire à chaque fois que quelqu'un me lira, c'est ce que nous accomplissons ensemble et séparément, eux, toi et moi quand nous relisons à voix haute ou basse mais hors de nos cages thoraciques, le flux continu de la vie entrée dans le domaine de la parole." (Aurélien Lemant, "Messe rouge", éditions "Les Feux Follets" p. 48-49)

Caminar
Je m’engage, seule, dans un petit chemin,
Le vent souffle dans les arbres immenses.
Mille bruits, diffus, éclatants, me dérangent.
Je marche doucement vers un lieu incertain ;
Puis, de plus en plus vite, mon pied avance :
J’ai vu une lumière, me semble t-il, au loin .

Clarté rassurante, clairière paisible,
La fleur est odorante et le papillon voltige.
Je me suis endormie dans une chaleur rassurante
J’ai fermé les yeux sur une lueur aveuglante.
La forêt fraîche et sombre m’a happée de nouveau
Dans ma nuit, enfoncée, dans le gouffre, le saut.

Relevée lentement, la poussière retombe
Doucement.
Où suis je ?

L’arène est lumineuse, le sable brûlant sous mes pas ;
Dans la lumière incandescente, au milieu des vivats
J’ai mon glaive bien en main, rien ne m’atteindra.
La bête est énorme, luisante et noire, l’œil fou.
Je n’ai pas peur, non, je suis déjà morte, c’est tout.
L’ombre immense se lève, oh fraîcheur bienfaisante !
Le soleil tournoie, je suis piétinée, broyée, pantelante.

Je respire et je vis, paupières obstinément baissées ;
Voir sans regarder, savoir sans lire, pas de réalité.
Je me suis ensevelie dans le gouffre – tombeau
Je pensais vivre ainsi cachée au milieu du troupeau.
Mais le monstre m’a trouvée, mon propre cerveau
Il m’a tuée pour de bon , réveillée à nouveau.

Relevée lentement,
Je suis
En enfer
Maintenant

Ballet immémorial, défi transcendantal
Ne pas s’endormir, rester éveillé,
Chercher la vérité, trouver la réalité
Je suis A, petite fille de la forêt,
Je suis A, petite fille du soleil,
Je suis A, entre terre et ciel.

Cimetière d'Arlington, Washington D.C.

Du même Aurélien Lemant : 
http://oralaboraetlege.blogspot.fr/2013/06/du-lecteur-du-reveur-4eme-partie-traum.html